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Le poids de l’industrie textile
sur l’environnement

L’industrie textile figure parmi les plus polluantes au monde. En voilà une information bien dérangeante. Parce qu’elle nous concerne tous et parce qu’on y contribue tous.

Pour comprendre ce que cachent les dessous de l’industrie textile, FAIR’ACT s’appuie sur le travail de fond mené par les organismes dont c’est la mission.

Restons toutefois conscients que tout le cycle de vie du vêtement doit être pris en considération : la fabrication bien sûr, mais aussi la distribution et surtout l’utilisation et la fin de vie. Peu importe que votre vêtement porte ou non des labels, qu’il soit en coton bio ou en polyester. Vous l’avez acheté, vous devez maintenant en prendre soin et le garder longtemps !

Les ressources naturelles

L’eau, cette ressource vitale qui manque à tant d’humains. Pour le Water Footprint Network, l’utilisation durable de l’eau douce est le fondement d’une vie et d’une planète saine. Les experts, au travers d’une approche scientifique, calculent l’empreinte hydrique d’un individu, mais aussi de biens et de services et apporte des réponses pratiques pour changer notre manière de consommer l’eau.

Pour exemple, l’empreinte eau moyenne de la fabrication de coton est de 10 000 litres par kilo. En clair :

  • un t-shirt de 250 grammes, c’est environ 2 500 litres d’eau
  • un jean de 800 grammes, c’est 8 000 litres rien que pour l’irrigation

L’info pas fun : la disparition de la mer d’Aral

Cette triste histoire est considérée comme l’une des plus grandes catastrophes écologiques. La mer d’Aral, située entre le Kazakhstan et l’Ouzbékistan, est en réalité un lac. Le 4e plus grand lac au monde, jusque dans les années 60.

A cette époque, les Soviétiques se sont mis à transformer les steppes désertiques en champs de blé et de coton. Pour irriguer les cultures, ils ont détourné une partie des fleuves. Menant à la quasi disparition de la mer d’Aral, entraînant celle des poissons dans son sillage, une forte salinisation de l’eau, la pollution des eaux de surface et des eaux souterraines par les pesticides et les engrais utilisés pour la culture du coton.

Au Kazakhstan toutefois, le lac commence à être préservé. Un projet de restauration financé par la Banque Mondiale a permis à son niveau de monter de six mètres depuis 2005. Le taux de salinité de la partie nord de la mer Aral a aussi baissé, ce qui permet à la vie aquatique de reprendre peu à peu.

© Nasa Earth Observatory

En août 2000 (à gauche), la mer d’Aral est déjà réduite à une fraction de ce qu’elle était en 1960 (bordure noire). Suite au drainage pour l’irrigation des cultures de coton en Ouzbékistan, la partie sud du lac a presque disparu en août 2014 (à droite).

Paysage invisible, le sol est le support de la vie terrestre.

Pourtant, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) nous apprend que la moitié des sols est dégradée. En cause, les activités humaines : agriculture intensive, utilisation d’intrants chimiques souvent non dégradables, mise en décharge de déchets, rejets de polluants, voies de communication (routes et parking), déforestation.

Le compactage par les machines a de lourdes conséquences sur le sol.

La biodiversité, c’est la diversité des écosystèmes, la diversité génétique et celle des espèces.

Agriculture intensive, monoculture, utilisation de semences génétiquement modifiées et déforestation sont des causes importantes de sa diminution.

Avec la nature, il est toujours faux de penser rendements à court terme.

L’info fun : quand le Burkina Faso se passe du coton de Monsanto et que ça marche !

 


OGM : le Burkina Faso va se passer du coton de Monsanto
franceinfo, 25 octobre 2016

Quand on se représente une forêt, on imagine une étendue d’arbres, un terrain de jeu pour tout un tas d’animaux. Un lieu paisible et plein de vie.

Et c’est le cas si l’homme ne s’immisce pas trop dans cette harmonie. Parce que la production de fibres artificielles, produites à base de cellulose de différentes essences (hêtre, épicé, eucalyptus, bambou) peut mener certains, guidés par l’appât du gain, à pousser la culture de certaines essences (monoculture) ou, au contraire, à exploiter les arbres sans penser à en replanter. Ce qui peut mener une essence à sa perte, mais aussi tout l’écosystème qui vivait grâce à elle.

L’info pas fun : quand le consommateur se fait avoir

Certaines marquent mettent désormais en avant les fibres dites « naturelles », « végétales » ou encore « écologiques », comme la fibre de bambou. Pour fabriquer une telle fibre, c’est le procédé viscose qui est utilisé, ce qui en fait une fibre artificielle.

Restons vigilants : le bambou consomme peu d’eau et n’a pas besoin d’intrants chimiques. C’est bien ! Mais il court le risque de déforestation alors que de nombreux animaux, le plus connu étant le panda géant, dépendent de lui. Le bambou est par ailleurs une plante invasive, sa culture peut nuire à la biodiversité.

Voir l’émission « Du bambou partout : une mode pas si verte », A bon entendeur, RTS, 31 août 2010 :

Page de l’émission avec contenu

Et le reste

Pré-lavage, lavage, séchage en machine et repassage : l’angoisse pour votre wattmètre !

Pour le lavage, la température fait toute la différence. Avec les machines et les lessives actuelles, une basse température (20-30° C) suffit à laver notre linge. Réduire la température à ce niveau permet d’économiser près de 70 % de l’énergie, en comparaison à un lavage à 60° C.

L’utilisation du sèche-linge est aussi très énergivore : alors que seule une partie des vêtements est séchée en machine, le séchage utilise autant d’énergie que le lavage.

La Suisse est l’un des plus grands pays producteurs de déchets. Étonnant vu la taille du pays, mais compréhensible en fonction de notre pouvoir d’achat, qui nous permet de consommer et consommer encore.

Deux filières sont généralement utilisées pour les déchets textiles : les bennes de collecte et les usines incinération.

Malgré que l’on peut considérer l’incinération des déchets comme une « valorisation thermique », aucune étude n’existe à ce jour sur l’impact des nanoparticules de métaux lourds (qui proviennent par exemple des teintures) qui sortent des fours et que nous respirons.

L’info pas fun : le marché des déchets… est un marché !

Les déchets textiles représentent un marché plutôt lucratif. Certaines entreprises ne recherchent que le profit et revendent les dons de vêtements à l’étranger, pour générer du profit. Un faible pourcentage des vêtements collectés en Suisse est trié, traité et générateur d’emplois ici. Le reste est vendu sur le marché international, dans des pays où les réglementations environnementales sont faibles ou inexistantes, et où nos vêtements se retrouvent dans des décharges à ciel ouvert.

L’info fun : le upcyling c’est tendance !

Transformer une vieille chemise d’homme en bavette ou des chaussettes en laine trouées en gants pour enfants, en voici une belle fin de vie pour nos vêtements ! En plus, il paraît que la créativité est contagieuse !

L’empreinte écologique d’un vêtement ne dépend pas seulement de la matière première utilisée et de son procédé de fabrication. La question de son transport est primordiale, car plus le vêtement voyage, plus sa consommation d’énergie est grande. Plus de 90 % des produits consommés proviennent de l’étranger, et c’est évidemment valable pour les vêtements. D’un point de vue environnemental, il est donc préférable d’acheter des articles fabriqués près de chez nous.

Pas facile, mais pas impossible ! La France est le plus grand producteur européen de lin. On trouve en Europe un peu de chanvre. Et n’oublions pas la laine ! De plus en plus de créateurs sont sensibles à cette question et y apportent une solution à leur niveau, en travaillant par exemple avec des matières recyclées.

L’info pas fun : le trafic maritime joue un rôle essentiel dans notre économie globalisée.

Les éléments constituant un objet de consommation courant voyagent plusieurs fois autour de la planète avant de parvenir dans nos commerces.

« Le commerce en mer« , Histoire vivante, RTS

Pour un avenir sans toxiques. Ça parait évident.

Et bien non. Des échantillons d’eau prélevés à grande échelle en ont fourni la preuve : l’industrie textile mondiale pollue des rivières en Chine – avec des effets désastreux sur l’environnement et les habitants.

Chlore, ammoniaque, acide sulfurique, métaux lourds, formaldéhyde, solvants organiques et aromatiques sont utilisés quotidiennement dans les usines textiles. La teinture est une étape délicate : si les colorants contenants des métaux lourds sont interdits en Europe, ce n’est pas le cas de tous les pays du monde et les contrôles sur les produits importants sont insuffisants. Ces substances sont dévastatrices puisqu’elles polluent l’air, le sol et les eaux à la sortie des usines mais aussi à la sortie de notre machine à laver.

L’info fun : la campagne participative DETOX Outdoor de Greenpeace fait plier les marques

Avec cette campagne, Greenpeace a placé les PFC (perfluorocarbures et polyfluorocarbures) sur le devant de la scène. Produits chimiques artificiels contenant du fluor, ils sont utilisés pour les propriétés anti-salissantes et hydrofuges particulières qu’ils confèrent aux matériaux. Incroyablement résistants à la dégradation, certains PFC persistent durant des centaines d’années après leur rejet dans l’environnement. On les retrouve dans des endroits inattendus, tout autour de la planète.

Suite à la pression exercée par Greenpeace, certaines marques se sont engagées pour à éliminer toute substance toxique des processus de fabrication d’ici à 2020. La route est longue, le trajet sera plus sympa si on est plusieurs !

Pour accompagner le lancement de son rapport « Threads toxics », Greenpeace a publié en 2012 une série de photos afin de mettre en contraste la vérité toxique qui se cache derrière le chic et le glamour de l’industrie de la mode. © Greenpeace/Lee

www.detox-outdoor.org